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Ce que le BPM (Business Process Management) apporte aux ERP ? », tel était le thème précis de cette table-ronde. Effectivement, le BPM impose une vision transversale de l’activité de l’entreprise, diamétralement opposée à celle, en silos, des ERP. Il était étonnant de constater que les intervenants d’un monde semblaient un peu découvrir celui de l’autre : pour évoquer le sujet on trouvait, du côté du BPM, Catherine Lynch, responsable marketing produit EMEA de Tibco, Daniel Coya, directeur général de Blueway et Eric Ortiz, chef de produit Biztalk chez Microsoft. Le côté ERP était représenté par Vincent Laurain, directeur de la stratégie produit de Divalto et Régis Dindeleux, directeur général adjoint de Silverprod. Enfin, pour faire le lien avec la réalité du terrain, Denis Forzy, architecte & développement chez Oberthur Technologies est venu apporter son témoignage d’utilisateur de Biztalk et de SAP.

Le premier tour de table fut consacré à l’exposé de la vision de chacun et, vu de la salle, on avait vraiment l’impression de mondes très éloignés l’un de l’autre, alors qu’en principe ils devraient être faits pour se compléter. « Discipline destinée à décrire et à documenter les processus métier de l’entreprise, le BPM aide aussi à modéliser les processus importants, à décrire les activités contenues dans les processus, à les faire exécuter par des moteurs et à orchestrer les processus de bout en bout », estime Catherine Lynch. « Il permet l’amélioration continue des processus », précise Eric Ortiz. Si tous s’accordent sur la transversalité des processus, Vincent Laurain affirme que « l’ERP gère très bien tout seul de nombreuses fonctions. » Et que « si le BPM est utile pour orchestrer des processus issus de diverses applications, certains métiers, comme l’automobile, ont des contraintes tellement fortes qu’il n’y a aucune souplesse : dans ce cas, le BPM est de peu d’utilité. » Régis Dindeleux enfonce le clou : « Si je suis une PME, qu’est-ce que je gagne en déployant un BPM ? Sans doute une meilleure intégration de tout le reste. »

« La réalité est complexe et varie selon les entreprises », tente Daniel Coya. « Il vaut mieux faire un développement spécifique dans le BPM que dans l’ERP, car si les processus transverses sont bien traités dans l’ERP, ils ne le sont qu’au travers de règles simples », estime-t-il.

« Nous voulions consolider les stocks sur les sites à l’aide de l’ERP », témoigne Denis Forzy. « L’ERP a été utile mais il n’avait pas toutes les informations. Une solution point à point s’est révélée inefficace. Nous avons centralisé toutes les informations sur un site unique avec Biztalk. Et comme l’ERP que nous utilisons est Dynamics AX, les deux technologies se combinent bien. » En fait, Biztalk est également très utilisé par les entreprises pour connecter des applications non-Microsoft. « Aux Ciments français par exemple, Biztalk connecte 7 instances SAP en Europe mais aussi le MES Apriso et d’autres applications », précise Eric Ortiz.

Philippe Grange, l’animateur de cette table-ronde, a lancé un dernier tour de table en demandant aux intervenants de préciser quel était pour eux l’apport le plus important du BPM à l’ERP. Si Daniel Coya et Vincent Laurain ont souligné l’importance de la communication entre les équipes métier, l’informatique et les utilisateurs, Eric Ortiz est allé dans plus loin en estimant que « la vraie difficulté est le dialogue avec l’ERP »« BPM et ERP sont complémentaires », estime Catherine Lynch : « Le BPM fournit une visibilité des processus métier et transverses. » « Il faut démarrer petit tout en voyant grand », conclut Denis Forzy : « Le BPM apporte des indicateurs au système informatique à travers les processus. »

Benoît Herr et René Beretz